Titignano (Ombrie)

dscn4199Patrimoine, nature, saveurs gourmandes et Citta Slow 

voyage réalisé en mai 2006 et mai 2012.

Quelques jours en Ombrie, à Titignano. Cet ancien hameau dont les origines remontent au haut Moyen-âge est devenu aujourd’hui un ensemble « agrituristique » de charme. Au départ de Titignano, nous avons découvert la production vinicole de Salviano, les villes remarquables d’Orvieto, de Todi et de Civita de Bagnoregio, et nous nous sommes promenés dans les collines environnantes. Illustration par le portrait.

Gulio ou les saveurs personnifiées
Gulio gère l’agriturisme de Titignano, les caves de Salviano et les deux mille hectares de vignes, d’oliviers et de bois constituant le domaine qui sépare les deux hameaux. Il est le manager en somme. Avec son sourire timide et son air de ne pas y toucher, on le prendrait pourtant plutôt pour l’homme à tout faire des lieux. Nous l’avons rencontré par hasard, un matin à la réception, alors que je demandais à visiter les lieux: «Pas de problème pour la visite des caves à vin, mon fils est là; il fera le tour avec vous». Dix minutes plus tard, il vient me voir: « je vous y conduis – en vol d’oiseau, cela doit faire 5 kilomètres; par la route il faut en compter 35, contournement du lac oblige- ; mais attendez 5 minutes, le temps que je charge votre pique-nique dans la voiture ». Ah bon. Ce n’était pas prévu, mais c’est une bonne surprise. A l’italienne. Et nous voilà partis pour Salviano. Gulio aime son boulot; ça se lit sur son visage, illuminé d’un sourire à l’évocation de telle cuvée, tel cépage ou tel fût…Et il sourit toujours, mais différemment, quant il évoque la grappa non produite faute d’agrément. A Salviano on fait du rouge (mélange varié –fonction de la récolte- de Sirah, de Cabernet, de San Giovese et de Merlot) et du blanc. Les meilleurs crus reposent dans des fûts en bois, conservés dans les anciennes caves, que Gulio n’hésite pas à déranger («cela ne pose aucun problème») pour nous les faire goûter. Les vins de dessert ou Vino santo se font, eux, par l’effet des saisons, dans les greniers de l’imposante bâtisse. Il est midi trente. Dans la cour ensoleillée de Salviano, nous dégustons un pique-nique savoureux. Gulio nous quitte, pris par d’autres affaires. Nous le retrouverons en début de soirée, dans les caves de Titignano, pour une dégustation d’huile d’olive. Il arbore toujours le même sourire fier, tout particulièrement lorsqu’il nous fera savourer «à l’ancienne» l’huile de la récolte 2004. La meilleure depuis des années!

Stefano, le politique, sa cour et sa Citta Slow
Stefano Cimicchi fut maire d’Orvieto durant deux législatures. Dans le Palais municipal, cela se remarque. C’est que l’homme a toujours sa cour: au gré des «va et viens» dans la salle du conseil, les salutations amicales et complices interrompent un discours improvisé. Le talent de Stefano apparaît à l’évidence. Celui que l’on appelle «Pena bianca» a inventé la «Citta Slow» ( http://www.cittaslow.net ). Le concept est attractif, passe bien et a fait des émules. Profitant de la vague « Slow Food » – dont l’Ombrie semble bien le terreau – et confronté à un tourisme de passage – Orvieto est à équidistance de Rome et de Florence, sur la route reliant les deux villes -, il va, dès le début des années 90, stimuler une approche plus lente de sa ville: accessibilité automobile réduite, remise en service du funiculaire entre la gare et le centre historique, création d’un parking de dissuasion avec ascenseur… Parce que Stefano – et ses électeurs- en ont assez de voir débarquer des cars ces touristes de passage, dont le seul apport à la ville se résume à quelques achats dans les boutiques autour de la place du Duomo: «on préfère moins, mais mieux!». On découvrira, au fil d’un exposé quelque peu nonchalant –typique de la part des gens du coin, dixit nos voyageurs d’origine italienne- les autres dimensions de la «Citta Slow» : diversification des repas dans les crèches, potagers pédagogiques, amélioration qualitative de l’éclairage urbain, valorisation de l’apport des travailleurs immigrés, maintien des aînés dans leur maison en ville, … Sommes toutes, des initiatives assez logiques, dans le chef d’un leader ex-communiste (sa combinaison polo-veston-jeans le trahit d’emblée) aux accents écolo, qui cherche à redéfinir sa ville.

Alessandro et l’amour de la nature. 
Quant on l’aperçoit au loin, Alessandro impressionne: tenue verte, casquette et bottines militaires, vieux sac à dos aux lanières de cuir craquelé, et surtout, la stature d’un bûcheron. Le premier contact dément immédiatement l’impression un peu «rude»: l’homme est jovial, chaleureux, et sensible. Et surtout, amoureux de sa région, l’Ombrie. Alessandro est vétérinaire et s’occupe aujourd’hui principalement de sensibilisation environnementale dans les écoles: « j’aime travailler avec les plus jeunes. J’essaie de leur faire découvrir la diversité et les richesses de la nature, en particulier dans notre région. Ils sont émerveillés par des choses simples ». Ces choses-là, il nous les fera découvrir et partager au cours d’une balade autour de Titignano : les traces des sangliers, la façon dont les arbres se défendent contre les œufs non désirés de mouchettes, le système ancien de communication entre village, la difficulté des mufles, ces animaux historiquement domestique, de résister aux loups… Autant de traces et de réalités que, le regrette Alessandro, les autorités ne valorisent pas suffisamment.

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